Jean-Baptiste Cerlogne : la vie

Lorsque le 6 mars 1826, dans le petit hameau de Cerlogne, un enfant prénommé Jean-Baptiste naquit dans le foyer de Metsé de Frantsou, personne ne savait encore que Saint-Nicolas, riante localité valdôtaine de moyenne montagne, allait jouer un rôle de premier plan dans la défense et illustration de notre francoprovençal.

Petit berger, comme tous les enfants de son âge, Jean-Baptiste part travailler à Marseille comme ramoneur, âgé d'à peine 11 ans. Il fut par la suite garçon de cuisine, avant de rentrer à l'école du village et d'aller à l'école avec les petits enfants, lorsqu'il était âgé de 19 ans. Il s'en fut à la guerre d'où il revint avec un congé illimité, puis il entra cuisinier au Séminaire et là, encouragé par le Chanoine Bérard, il conçut la première poésie en francoprovençal, ce qui parvint aux oreilles de Mgr Jourdain, évêque d'Aoste, qui s'engagea à payer les frais pour les études de notre poète. Et à l'âge de 38 ans il est curé et célèbre sa première messe à Saint-Nicolas, son pays natal. Une nouvelle vie va commencer pour lui, faite de pérégrinations d'une paroisse à l'autre où les épreuves les plus dures (notamment une épidémie de choléra à Pont-Boset) alternent avec des temps calmes marqués pourtant par une activité intellectuelle fébrile (Dictionnaire et Grammaire du patois valdôtain) et par une production poétique foisonnante.

Enfin, épuisé et vieilli, mu par la nostalgie du pays, il fut hébergé à la cure de Saint-Nicolas, chez le curé Bionaz, où il mourut le 4 octobre 1910.

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L'oeuvre de Cerlogne

L'imprimante de J.-B. Cerlogne

En 1855 Cerlogne compose L'enfan prodeuggo 

L'essentiel de sa production poétique s'inscrit dans la période qui va de 1855 à 1866. Parmi les textes les plus importants :
1855, Marenda a Tsesalet
1857, Lo berdzé et lo ramoneur
1858, La bataille di vatse a Vertozan
1861, La Pastorala
1862, La Valdoteina
1892, La lenga de ma mère.

Son oeuvre se caractérise par une verve poétique foisonnante inspirée par une profonde connaissance de sa terre et de ses traditions, aiguillonnée par un talent d'observateur qui nous livre des descriptions raffinées riches en détails ethnographiques. Quant à sa langue, d'une richesse expressive inégalée, elle présente les caractéristiques pour en faire une langue littéraire d'une finesse remarquable.

En 1866, il compose un poème à l'occasion de l'arrivée du chemin de fer à Aoste : Lo Tsemin de fer

Par la suite il écrira sa Grammaire et son Dictionnaire de patois valdôtain, ainsi qu'une longue série de textes savoureux dans l'Almanach valdôtain.

L'abbé Cerlogne nous a laissé également une correspondance très riche avec des amis valdôtains et des intellectuels de nombreux pays d'Europe, un témoignage surprenant à la fois de la curiosité intellectuelle de notre poète et du prestige de son travail sur le francoprovençal.

Pour plus de renseignements, nous renvoyons à Noutro Dzen Patoué, n°7 et 8.

Annexes