Nos laboratoires

Saint-Nicolas 22,23 février 2017 --- Émarèse 5,6 avril 2017

le groupe Emarese

Le Centre d'Etudes francoprovençales « René Willien » de Saint-Nicolas est le promoteur d'un projet scientifique de longue haleine visant une étude transversale et pluridisciplinaire du francoprovençal à l'échelle de tout le domaine linguistique. À l'heure actuelle, il a constitué une équipe au carrefour de la linguistique, de la sociolinguistique et de l'anthropologie, chargée de mener des recherches préliminaires sur certaines structures de la langue, quelques pratiques linguistiques inhérentes à l'intercompréhension et quelques représentations autour de la langue et du contexte socioculturel.

Pour ce faire, à côté de la recherche traditionnelle, des expériences de laboratoire ont été mises au point, qui permettent en même temps de collecter des données utiles à notre projet scientifique et de satisfaire une demande (très présente sur le territoire) d'ateliers de transmission, de réflexion et de partage des connaissances autour de la communication francoprovençale. Il s'agit de créer les conditions favorables à l'éclosion de situations de communication diverses, en préparant le contexte, en sélectionnant des profils socioculturels compatibles selon les objectifs ciblés et en distribuant un certain nombre de consignes aux différents participants (afin qu'ils collaborent activement à la collecte des données et que, en se concentrant sur quelques tâches simples, ils soient relativement spontanés dans le reste de la pratique communicative).

L'objectif à long terme est d'analyser le matériel collecté par ce biais et d'aboutir à une synthèse propédeutique à la préparation de matériel pédagogique pour l'enseignement de la langue, mais également de mettre au point trois différents types de modules (des laboratoires vivants de la langue). Ces derniers seront destinés à être utilisés et reproduits à l'envi dans trois contextes différents (structures muséologiques ou scolaires, fêtes traditionnelles et localités touristiques visant la valorisation culturelle locale), avec un double objectif : répondre à la demande d'ateliers de langue et poursuivre dans la collecte de données linguistiques, sociolinguistiques et anthropologiques (pour une toujours meilleure connaissance des phénomènes étudiés et pour effectuer des observations ponctuelles et régulières dans un cadre qui est par définition évolutif). Enfin, le projet prévoit la création d'un laboratoire permanent à Saint-Nicolas pour l'apprentissage des aspects de la langue et de la culture francoprovençale (pôle de recherche et aussi d'enseignement à distance) avec la prédisposition d'un outil informatique permettant de se connecter au laboratoire permanent de Saint-Nicolas à partir d'un certain nombre de sites.

En attendant de postuler pour des financements européens conséquents, deux expériences ont été réalisées ce printemps, grâce à une collaboration avec la Surintendance des Écoles de la Région autonome Vallée d'Aoste, dans le cadre du plan de formation de l'Assessorat de l'Education et de la Culture pour la promotion du plurilinguisme. Le premier laboratoire a eu lieu à Saint-Nicolas les 22 et 23 février 2017. Le deuxième à Émarèse les 5 et 6 avril 2017. Les participants étaient les enseignants des écoles valdôtaines du premier cycle et quelques invités venant d'autres régions francoprovençales. Les activités, qui se sont déroulés dans un cadre convivial, étaient diversifiées pendant les deux jours et différentes au cours des deux ateliers (jeux de rôles autour des compétences communicatives en francoprovençal, cuisine, musique, activités à l'extérieur) : elles ont permis d'enrichir les compétences culturelles et linguistiques des enseignants, qu'ils soient ou non locuteurs, en réfléchissant sur la langue et en introduisant des contenus ethnologiques. Les participants ont été stimulés à travailler sur certaines pratiques et phrases de circonstance (rencontre, salutations, relation au corps et bien-être, etc.) utilisées dans les différentes langues (selon les compétences de chacun et les contacts avec des élèves, et leurs familles, venus d'ailleurs) : les non locuteurs ont été encouragés à apprendre quelques tournures, par exemple, tandis que les locuteurs ont pu contribuer plus activement à collecter des mots et des expressions. Dans le deuxième atelier certaines activités étaient également centrées sur la représentation de l'espace.

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