L'ethnologie alpine

Les études ethnologiques dans nos contrées sont plutôt récentes, car l'ethnologie est elle-même déjà une discipline scientifique toute jeune.

En tant que science, l'ethnologie est née vers la moitié du XIXe siècle, lorsque marchands et explorateurs commençaient à faire parvenir en Europe des objets exotiques venant des colonies et à créer des collections. L'ethnologie naquit de l'exigence de donner un sens aux objets collectés, à raconter ces civilisations lointaines les ayant produits, afin de ne pas se borner à la pure et simple contemplation esthétique.

D'autre part une tradition de folkloristes s'était développée notamment en terre germanique et britannique, au cours du XIXe siècle, qui s'était penchée sur le patrimoine populaire oral dans la vague romantique d'engouement pour les traditions populaires. Plus près de chez nous, des folkloristes français comme Emmanuel Cosquin et Paul Sébillot ont aussi posé quelques jalons.

Le folklore national et l'ethnographie exotique préparent donc le terrain à l'étude scientifique des populations alpines, l'un en suggérant les thèmes, l'autre en offrant la méthode et l'épistémologie : dans les années précédant la première guerre mondiale et dans les années vingt, les premières enquêtes scientifiques voient le jour, suivies de près de quelques textes fondateurs.

Ethnographie, ethnologie, anthropologie : mise au point terminologique

« Le passage de l'ethnographie à l'ethnologie puis à l'anthropologie révèle à la fois un emboîtement apparemment technique voire théorique et un processus de généralisation et de comparaison de plus en plus ample. » (Jean Copans)

Ethnographie : description soi-disant objective et neutre d'une population

Ethnologie : réflexion plus systématique et comparative à partir des matériaux de l'ethnographie

Anthropologie : méditation abstraite et universelle sur le devenir des cultures